Discussion générale sur le projet de loi de sécurisation du travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes
- aborchio-fontimp
- il y a 2 jours
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Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Monsieur le Rapporteur,
Mes chers collègues,
Il est des textes qui, sous des apparences techniques, touchent en réalité à quelque chose de profondément essentiel : notre rapport à l’initiative et au bon sens.
Ce projet de loi appartient à cette catégorie.
Son objectif est simple : sécuriser la possibilité, pour les boulangers-pâtissiers et les fleuristes, d’ouvrir le 1er mai et de faire travailler des salariés volontaires, dans un cadre clair, fondé sur le dialogue social et les accords collectifs. Car le 1er mai n’est évidemment pas un jour comme les autres. C’est une journée de mémoire sociale, une journée qui honore les travailleurs et les acquis sociaux.
Mais c’est aussi : la fête du Travail… ! Et c’est pourquoi il est insensé que, dans notre pays, certains Français puissent être empêchés de travailler, PIRE sanctionnés pour avoir voulu exercer leur activité.
Comment accepter qu’un artisan qui ouvre son commerce pour répondre à la demande de ses clients puisse être condamné à une amende ?
Comment considérer comme une faute le fait de travailler ?
Dans une France confrontée à des difficultés économiques, à une perte de compétitivité et aux inquiétudes de nombreux entrepreneurs, nous devons envoyer un message clair : le travail n’est pas un problème, il est une solution.
Dans toutes les communes de France, cette réalité est bien connue. Le 1er mai, les fleuristes répondent à une demande exceptionnelle autour du muguet, profondément ancré dans nos traditions. Les boulangers assurent quant à eux un service de proximité indispensable à nos concitoyens.
C’est précisément parce que nous respectons profondément la valeur du travail que nous refusons d’opposer protection des salariés et liberté de travailler. Notre responsabilité est de permettre aux Français qui le souhaitent de travailler, tout en garantissant leurs droits et leur juste protection.
Et je voudrais dissiper un malentendu :
Permettre à certains artisans et commerçants d’exercer leur activité le 1er mai n’est pas revenir sur une tradition. Ce n’est pas affaiblir la portée symbolique de cette journée. Bien au contraire !
C’est permettre à celles et ceux qui le souhaitent, librement et dans un cadre protégé, de contribuer à la réussite de cette journée si particulière.
Il y a également derrière ce débat un enjeu que nous ne devons pas ignorer : celui de la défense du commerce de proximité.
Car lorsque nos artisans et nos commerçants sont empêchés d’exercer leur activité, les besoins des consommateurs, eux, ne disparaissent pas.
L’activité économique ne s’arrête pas ; elle se déplace.
Et trop souvent, ce sont les grandes enseignes ou les plateformes qui en profitent, au détriment des commerces indépendants qui font vivre nos centres-villes, nos quartiers et nos villages.
À l’heure où nous cherchons à revitaliser nos centres-villes et à préserver le tissu économique local, nous devons veiller à ne pas créer nous-mêmes des règles qui fragilisent ceux que nous voulons protéger.
Ce texte repose sur un principe simple et équilibré : le volontariat, le dialogue social et les accords collectifs.
Il ne crée pas une nouvelle pratique ; il sécurise ce qui existe déjà. Il ne bouleverse pas les équilibres ; il met fin à une contradiction devenue incompréhensible.
Plus largement, ce débat nous invite à réaffirmer une conviction simple : le travail est une valeur à défendre.
Nous devons reconnaître et valoriser celles et ceux qui veulent entreprendre, créer de la richesse et faire vivre nos territoires.
Mes chers collègues, il est des moments où la loi ne doit pas ajouter de la complexité ; elle doit retirer du doute.
Fidèle à une tradition profondément ancrée dans notre famille politique, le groupe Les Républicains considère que la valeur travail mérite d’être protégée, reconnue et encouragée.
Célébrer le travail ne consiste pas à empêcher ceux qui le souhaitent de travailler ; c’est au contraire leur faire confiance, dans le respect des droits et des protections qui leur sont dues.
Pour toutes ces raisons, Le groupe Les Républicains votera en faveur de ce projet de loi et adresse son soutien à tous ceux qui, par leur travail, leur engagement et leur savoir-faire, contribuent chaque jour à la prospérité de notre pays et à la vitalité de nos territoires ! Alexandra BORCHIO FONTIMP, le 16 juin 2026





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