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[Valeurs actuelles] Alexandra Borchio Fontimp, faiseuse de rois !


Portrait Après les campagnes électorales de Pauget et Ciotti, la sénatrice des Alpes-Maritimes s'attaque aujourd'hui à celle de Valérie Pécresse et intègre l'équipe rapprochée de la candidate LR à la présidentielle. Par Hugues Bletran et Maxime Coupeau Helloooo. Madame Borchio, comment tu vas ? Ça va, Alexandra ? Valérie Pécresse enlève son masque. Un grand sourire se dessine sur le visage de la présidente de la région Île-de-France. En déplacement à Nice, le 6 décembre dernier, la néocandidate des Républicains presse le pas pour aller faire un check — Covid oblige — avec Alexandra Borchio Fontimp. Pécresse glisse une main amicale dans le dos de la sénatrice des Alpes-Maritimes. Repoussant les caméras d’un geste autoritaire, l’ancienne ministre du Budget; désire s’afficher aux côtés d’Éric Ciotti, mais aussi de celle à l’origine du succès du questeur de l’Assemblée nationale dans sa campagne pour la primaire. « Valérie Pécresse l’apprécie et reconnaît ses qualités », glisse Éric Pauget, député des Alpes-Maritimes et orateur de la campagne de la candidate LR. En nommant Alexandra Borchio Fontimp au poste de directrice déléguée de sa campagne, Valérie Pécresse ne s’y est pas trompée. « Avec Alexandra, vous avez une organisatrice hors pair, avec beaucoup de sens politique et une fibre militante », renchérit Éric Ciotti, élogieux. Des qualités qui, au soir du second tour de la primaire LR, n’ont pas manqué de retenir l’attention de l’état-major Rue de Vaugirard et d’un certain Patrick Stefanini.


Deux caractères opposés, mais un respect mutuel. Le martial et sage Stefanini côtoie la joviale et fougueuse Borchio Fontimp. Au QG de campagne de Valérie Pécresse, rue Torricelli (Paris XVIIe ), chaque mardi, le même cérémonial. Dossiers sous le bras, l’ancien préfet échange quelques mots avec son adjointe. Quelques rires çà et là, mais rapidement le travail reprend ses droits. « On se voit en petit comité, Alexandra, moi et les trois directeurs de campagne des anciens candidats au congrès. Nous échangeons sur la stratégie et sur l’organisation de la campagne, expose Patrick Stefanini. Dans l’organigramme, je lui ai proposé de prendre le pôle organisation et vie militante. Je la consulte et lui fais pleinement confiance. C’est une jeune femme extrêmement sympathique et assez directe. »


Une mission que la jeune sénatrice prend très à cœur. Son téléphone n’en finit pas de vibrer. Notifications incessantes, e-mails, appels, Alexandra Borchio Fontimp décroche, répond et textote. « C’est ça, une vie de campagne », nous glisse l’intéressée. Sous sa supervision, l’animation de la vie militante et le pôle organisation, une mission capitale dans la campagne de Valérie Pécresse.


« Je suis restée une militante dans l’âme, confie la sénatrice. Je me dois de tout savoir pour coordonner et permettre à nos militants sur le terrain de porter au mieux le projet de Valérie Pécresse. Ce sont eux nos premiers relais. Mon rôle est également d’assurer la rédaction et la diffusion des documents de campagne. Je dois aussi prendre attache avec les fédérations et les comités de soutien, pour notamment expliquer les mesures du programme et les mettre aussi en lien direct avec le QG. Je dois également faire en sorte que les tractages et les collages portent un même message. »


Mais Borchio Fontimp ne compte pas rester assise gentiment derrière son bureau de la rue Torricelli… « S’il faut tracter, je tracte, insiste l’édile maralpine. C’est en étant présents pour et avec nos militants, en montrant notre détermination sur le terrain que nous pourrons convaincre les Français. »


« Alexandra a vraiment la politique dans le sang », sourit Éric Pauget. Une passion, presque une obsession, qu’a su déceler le député des Alpes-Maritimes, chez celle qui fut longtemps journaliste. Entrée en politique grâce à une rencontre avec le maire de Vallauris Golfe-Juan, où elle fait un mandat de 2008 à 2014 comme conseillère municipale, elle est bientôt repérée par Jean Leonetti, maire d’Antibes Juan-les-Pins. Il lui demande de rejoindre sa liste. Elle accepte et devient, à l’issue de l’élection suivante, conseillère municipale déléguée à la jeunesse.


« Alexandra est une ambitieuse, mais dans le bon sens du terme. C’est une élue appréciée car elle sait aider ceux qui sont dans le besoin. Elle a cette proximité avec ses concitoyens. Elle porte également une vision dans l’animation de la vie de son territoire », témoigne Éric Pauget.


Puis tout s’enchaîne… En 2015, à la suite de la réforme des élections départementales, un binôme homme-femme par canton au lieu d’un seul élu, elle est sollicitée pour former un duo avec Jacques Gente. Ils sont élus dans la même commune d’Antibes que Georges Roux, oncle d’une certaine… Valérie Pécresse. En 2017, elle est suppléante du député élu Éric Pauget et, en 2020, réélue sur la liste de Jean Leonetti. Elle monte en grade comme adjointe au maire, déléguée à l’économie locale. En septembre 2020, son ascension continue et, la parité aidant, elle est choisie pour figurer sur la liste conduite par Dominique Estrosi Sassonne pour les sénatoriales.


« La politique, c’est un combat de tous les jours, tranche Alexandra Borchio Fontimp. Je suis consciente que j’ai eu une ascension rapide, à laquelle la parité n’est bien sûr pas étrangère, mais je le dois d’abord à mon travail, car j’ai passé des heures et des heures à travailler. » Élue de proximité avec une permanence au cœur d’Antibes, boulevard Albert-Ier, elle « ne refuse aucune demande de rendez-vous ».


Le travail, une valeur chère à cette fille et petite-fille de commerçants, dont le grand-père fut footballeur à l’AS Cannes. Un atout devenu son arme pour les campagnes électorales. Organisatrice, planificatrice, communicante, la protégée de Jean Leonetti est un véritable caméléon de la politique. Rouage indispensable dans les équipes d’Éric Ciotti pour la primaire LR et d’Éric Pauget aux législatives, Alexandra Borchio Fontimp n’est pas étrangère aux succès de ces derniers. Ce que réfute poliment la principale intéressée : « Ils doivent leur victoire à leurs convictions. Je me suis simplement engagée comme une militante qui croit en leur projet. »


Mais, pour Ciotti, son ancienne numéro deux est « une élue pragmatique et d’intuition. Elle sait dénouer les conflits. Elle vient d’être élue présidente du comité régional du tourisme, un poste fait pour elle ». Tout aussi élogieux, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, voit en elle « une sénatrice très dynamique, très engagée et profondément investie pour son territoire ». En cas de victoire de Valérie Pécresse à la présidentielle, l’actuelle secrétaire générale adjointe des Républicains pourrait ne pas s’éterniser du côté de la promenade des Anglais. Un cadre LR nous confie : « Éric et Alexandra ont un relationnel commun. Lorsque l’on sait les ambitions portées par Ciotti, je ne serais pas étonné de la voir comme future chef de cabinet du prochain ministre de l’Intérieur. »