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#10 Courrier - Situation des métiers de soin à la personne

Dernière mise à jour : avr. 22

Courrier à Monsieur Alain Griset Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, envoyé le 14 avril 2021.


Monsieur le Ministre,

Les différentes périodes de restrictions imposées depuis mars 2020, qu’il s’agisse d’un confinement strict ou de la mise en place de mesures de couvre-feu, ont eu un impact plus qu’important sur la vie des entreprises artisanales. Un temps mises de côté, elles font aujourd’hui l’objet d’un traitement à deux vitesses qui ne satisfait personne. Il est ainsi regrettable que l’ensemble des activités des métiers de l’art ne bénéficie pas de l’extension d’ouverture, pourtant accordée dans divers secteurs de la culture. La Culture ne pouvant se penser sans l’Art, aussi, il aurait été préférable d’adopter une politique similaire et égalitaire dans ces deux domaines d’activité. Lors de son allocution du 31 mars dernier, le Président de la République a annoncé les modalités du troisième confinement et notamment la fermeture des commerces dits « non-essentiels ». Si lors des premiers confinements, les professionnels des métiers d’art ont été exclus sans qu’aucune explication plausible et intelligible ne leur soit véritablement apportée, leurs efforts ont désormais été pris en compte, tout du moins partiellement. En effet, après avoir démontré leur capacité à élaborer des protocoles sanitaires rigoureux afin de protéger au mieux leurs collaborateurs et clients, certains secteurs, comme les salons de coiffure par exemple, ont pu rester ouverts depuis le 31 mars dernier. Surpris puis révoltés, les instituts de beauté ont constaté qu’ils n’apparaissaient pas sur la liste établie par le décret n° 2021-296 du 19 mars 2021 modifiant le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire.


Une nouvelle fois, l’absence de démonstration concrète quant aux risques possiblement engendrés par leur ouverture a mené à l’incompréhension et la colère. Ce choix du gouvernement, qualifié initialement d’incompréhensible, est considéré dorénavant comme absurde. Tant les salons de coiffure que les instituts de beauté ont puisé dans leurs dernières ressources pour rester ouverts, pour sauvegarder un semblant d’équilibre budgétaire.


Le Gouvernement a su faire preuve de sagesse en apprenant de ses erreurs passées, je souhaite qu’il continue sur ce chemin et modifie le décret précité pour inclure les instituts de beauté comme commerces dits « essentiels ». Lassées par un contexte anxiogène qui ne leur permet aucune visibilité sur les prochains mois, les entreprises veulent aujourd’hui que soit pleinement reconnu leur investissement à trouver sans cesse des solutions pour concilier activité économique et impératif sanitaire. Mais parce-que la reconnaissance ne suffit plus, les paroles médiatiques non plus, c’est une action concrète qui est attendue.


Le poète argentin, Antonio Porchia, a écrit que « la raison se perd par le raisonnement », soit en présence d’une dialectique inadaptée au réel, au terrain. Il me semble que nous soyons dans ce cas, en présence d’un raisonnement complexe ayant mené à l’effacement d’une quelconque raison dans la stratégie politique mise en œuvre. Au moment où les études démontrent que les conséquences protéiformes de la Covid et des restrictions afférentes constituent un enjeu d’avenir, il est grand temps d’envoyer un message d’apaisement et de bon sens en ré-ouvrant les instituts de beauté.


Sincèrement convaincue de l’intérêt que vous porterez à cette requête, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.


Alexandra Borchio Fontimp - Sénatrice des Alpes-Maritimes


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