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#25 Question écrite - La plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes

Madame la Sénatrice Alexandra Borchio Fontimp attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’Intérieur sur l’efficacité de la plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes (PSVSS).


Annoncée comme « grande cause du quinquennat », la lutte contre les violences sexuelles et sexistes a obligé le Gouvernement à devoir innover, en apportant des réponses notamment plus adaptées et plus rapides. Visiblement pleinement conscient que certaines barrières entravaient le déliement des langues des victimes, le Ministère de l’Intérieur a lancé, au mois de novembre 2018, une plateforme en ligne permettant de signaler toutes les violences sexuelles et sexistes. Accessible 24h/24 et 7j/7, cette plateforme a pour objectif de favoriser et faciliter le dialogue entre les victimes et les forces de l’ordre. Par le biais d’un tchat anonyme et gratuit, les trente-six policiers et gendarmes formés aux violences sexuelles et conjugales leur offrent une écoute, une assistance et les accompagnent dans ce difficile parcours afin de les encourager à effectuer un dépôt de plainte.


Depuis sa création, cette plateforme a suivi plus de 30 000 tchats dont 10 300 conversations sont ouvertes depuis le début de l’année 2021. Aussi bien les forces de l’ordre que les associations s’accordent à dire que le caractère anonyme et virtuel des échanges contribue largement au succès de cette plateforme. Souvent confrontées à des sentiments de honte, de culpabilité et de peur, les victimes se sentent ainsi rassurées et acceptent plus facilement de livrer leur traumatisme. Alors qu’elles n’étaient que moins de 10% à déposer plainte avant le lancement de cette plateforme, il est à espérer que ce nouvel instrument soit un catalyseur supplémentaire pour libérer leur parole.


Toutefois, bien qu’une prise en charge sociale et psychologique soit proposée à la victime, ce système démontre encore certaines limites et la porte d’entrée proposée par cet outil demeure tristement virtuelle pour certaines. Malgré la décision de se rendre au commissariat lorsqu’elles sont derrière leur écran, encore trop ne répondent pas aux convocations des enquêteurs, ce qui ne permet pas de donner suite à leur dossier, donc que justice soit rendue.


Par conséquent, Madame la Sénatrice souhaite connaître les mesures envisagées par le Gouvernement afin que le passage du virtuel au réel soit véritablement effectif.


ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP