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#20 Courrier - Inquiétudes des hôteliers-restaurateurs quant à la mise en œuvre du Pass sanitaire

Monsieur le Ministre,


Je tiens à attirer votre attention sur les inquiétudes des hôteliers-restaurateurs depuis les annonces faites par le Président de la République le 12 juillet dernier. S’ils sont favorables à la vaccination, il demeure toutefois des zones d’ombres voire des incohérences quant à la mise en œuvre pratique du « Pass sanitaire ».


En effet, il est prévu que ce secteur fasse l’objet d’une nouvelle stigmatisation dont les conséquences financières et humaines peuvent s’avérer terribles. L’examen du projet de loi relatif à l'adaptation de nos outils de gestion de la crise sanitaire démontre que la voix de nos professionnels du tourisme n’est pas entendue, parfois même ignorée.


Vous conviendrez de la difficulté à expliquer à nos hôteliers-restaurateurs qu’ils devront désormais occuper une fonction qu’ils ne désirent pas ; celle de contrôleurs des mesures sanitaires. S’ils comprennent - et donc acceptent totalement - que le « Pass sanitaire » soit obligatoirement requis pour déjeuner ou diner en intérieur, il refuse l’illogisme de pratiquer de tels contrôles en extérieur. Comment dire qu’ils ont tort lorsque plusieurs dizaines de personnes sont agglutinées les unes sur les autres à quelques centimètres d’eux sur la plage publique ? Tandis qu’ils sont dorénavant tenus à cette obligation, sous peine de sanctions plus que déraisonnables et déraisonnées, tous dénoncent l’absurdité d’une telle mesure.


Comment un serveur pourrait-il justifier le contrôle d’une pièce d’identité alors qu’il ne dispose pas de prérogatives de puissance publique ? Face à un refus, celui-ci devrait-il exclure manu militari son propre client ?


Pire, si le projet de loi prévoit que le défaut de présentation des documents exigés (résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19, un justificatif de statut vaccinal concernant la covid-19 ou un certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19) par les salariés devient un motif de licenciement, qu’en est-il des policiers qui opèrent ces contrôles dans l’espace public ? Sont-ils eux-aussi toujours vaccinés ? Il semble que cette obligation soit mise en œuvre à double vitesse et engendre des difficultés supplémentaires pour nos professionnels du tourisme.


Monsieur le Ministre, les hôteliers-restaurateurs sont pleinement investis dans la gestion de cette crise et ce depuis le début. Ils ont fait des sacrifices que personne n’ignore. Ils sont prêts à en faire encore si l’intérêt général en dépend. Toutefois, et de façon légitime, ils ne demandent qu’à pouvoir travailler à nouveau. Et ce n’est pas le cas, l’ensemble des études démontrent que le virus se propage dans les réunions en famille, entre amis mais sûrement pas en extérieur au restaurant. Alors, ils ne comprennent pas et souhaitent que ces nouvelles restrictions en extérieur soient levées ou a minima les sanctions allégées.


Plusieurs questions sont en suspens, beaucoup de réponses ne satisfont pas et l’impression que certaines de nos libertés les plus fondamentales sont sacrifiées de plus en plus forte. La colère gronde et ne s’estompera pas.


Monsieur le Ministre, je vous demande de les écouter, de les entendre et de prendre toute décision qui permettra à notre pays de se relever de cette crise sanitaire, sans toutefois accentuer la crise économique.


Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.


ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP

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