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#9 Courrier - L’UNEF doit être dissoute

Mis à jour : avr. 22

Courrier à Monsieur Darmanin, Ministre de l'Intérieur, envoyé le 24 mars 2021


Monsieur le Ministre,


L’UNEF doit être dissoute. Il en va de la crédibilité du gouvernement, qui doit aujourd’hui avoir le courage d’affirmer sa volonté de combattre toute forme de séparatisme, sans exclusive. Le projet de loi visant à conforter les principes de la République en examen dans quelques jours devant la haute assemblée perdra fortement de sa substance si, dans le même temps, aucune mesure ne vient empêcher la propagation d’agissements racialistes, et donc racistes, de toute organisation qui sous couvert de défense du milieu étudiant projette ses idées pour le moins nébuleuses.


Combien de temps, combien d’affronts à nos libertés fondamentales faudra-t-il encore supporter pour que des sanctions effectives soient prises ? Absente dès qu’il s’agit de faire avancer les droits de tous les étudiants, l’UNEF se retrouve pourtant au centre de nombreuses polémiques. Ces controverses possèdent un dénominateur commun ; loin de défendre l’Universalisme hérité du Siècle des Lumières, c’est un combat pour faire reconnaitre un traitement différencié en fonction de l’origine ethnique, de la couleur de peau et des croyances religieuses, qui est mené depuis ces dernières années. Cela est profondément antinomique à ce que nous sommes, antagoniste aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les piliers de notre République.


Aussi, parce que nos libertés les plus chères sont menacées, contraintes de se restreindre au lieu de s’affirmer, il faut agir et agir vite ! Nous vous demandons donc d’appliquer le même principe de fermeté que celui pris pour d’autres situations récentes à savoir la dissolution de ce syndicat par décret pris en Conseil des Ministres sur la base de l’article L.212-1 du code de sécurité intérieure. Comme vous le savez, ce texte prévoit notamment que soient dissous tous les groupements qui « provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers un personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance (…) à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées (…) tendant à justifier (…) cette discrimination. »


Dans le même esprit, et parce que nous sommes pleinement conscients que les conditions de dissolution d’une association syndicale dans notre droit positif sont complexes, que les motifs limitativement énumérés par le code de la sécurité intérieure s’appliquent parfois difficilement aux faits reprochés, nous vous demandons également de faire évoluer le socle législatif pour lutter plus facilement contre l’idéologie mortifère prêchée par ces organisations.


La mise en place de journées non mixtes interdites aux blancs choque. Mais qu’en aurait-il été si des journées non-mixtes interdites aux noirs, aux juifs, aux musulmans, aux asiatiques étaient organisées ? On peut se demander légitimement si les réactions se seraient limitées à des interventions médiatiques, qui bien qu’importantes, n’emportent aucune conséquence en pratique ? Nous ne le pensons pas et c’est là aussi l’un des symptômes du séparatisme, cet apartheid politique que par faute d’action, nous laissons insidieusement se répandre au sein de notre société. Permettre à l’UNEF de mener des combats contre nos principes fondateurs grâce en partie aux subventions reçues d’un État dont elle orchestre le renversement idéologique est, au-delà d’absurde, inconcevable.


C’est pour toutes ces raisons que nous vous demandons donc d’agir sans délai pour mettre hors d’état de nuire ce syndicat activiste et politisé qui n’est plus représentatif de la vie étudiante qu’il prétend défendre. Il encourage au contraire le communautarisme et la fracture de notre société. Par cette requête, sénatrices et sénateurs entendent défendre l’intérêt de la République et de l’ensemble des français.


Vous sachant très attaché à la défense de nos idéaux, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre très haute considération.


Alexandra Borchio Fontimp - Sénatrice des Alpes-Maritimes

Stéphane Le Rudulier - Sénateur des Bouches-du-Rhône


Cosignataires :

Henri Leroy - Sénateur des Alpes-Maritimes

Philippe Pemezec - Sénateur des Hauts-de-Seine

Laurent Burgoa - Sénateur du Gard

Olivier Paccaud - Sénateur de l'Oise

Damien Regnard - Sénateur représentant les Français établis hors de France

Claudine Thomas - Sénatrice de la Seine-et-Marne

Anne Chain-Larché - Sénatrice de la Seine-et-Marne

Jean Bacci - Sénateur du Var

Catherine Belrhiti - Sénatrice de la Moselle

Arnaud Bazin - Sénateur du Val d'Oise

Marie-Christine Chauvin - Sénateur du Jura

Alain Houpert - Sénateur de le Côte-d'Or

Patrick Chaize - Sénateur de l'Ain

Sébastien Meurant- Sénateur du Val d'Oise

Dominique de Legge - Sénateur d'Ille-et-Vilaine

Kristina Pluchet - Sénatrice de l'Eure

Christine Herzog - Sénatrice de la Moselle

Brigitte Micouleau - Sénatrice de la Haute-Garonne

Gilbert Bouchet - Sénateur de la Drôme

Françoise Dumont - Sénatrice du Var

Vincent Delahaye - Sénateur de l'Essonne

Vincent Segouin - Sénateur de l'Orne

Béatrice Gosselin - Sénatrice de la Manche

Jean-Pierre Moga - Sénateur de Lot-et-Garonne

Jacky Deromedi - Sénatrice représentant les Français établis hors de France

Hugues Saury - Sénateur du Loiret

Corinne Imbert - Sénatrice de la Charente-Maritime

Isabelle Pavero-Raimond - Sénateur d'Indre-et-Loire




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