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#40 Courrier - Mise en place d’une obligation de garde à l’hôpital public

Dernière mise à jour : 24 mai

Madame la Ministre, Je souhaite porter à votre connaissance une colère récurrente de nos professionnels de santé qui exercent au sein de l’hôpital public. Les dysfonctionnements structurels et l’arrivée brutale de la crise sanitaire ont mené nos hôpitaux à tirer la sonnette d’alarme à de multiples reprises les précédentes années et encore plus ces derniers mois. Ils ont malgré tout relevé les défis, non sans sacrifices et conséquences durables notamment sur l’état psychologique et physique de nos soignants.


Le constat est simple et a d’ailleurs été clairement posé par M. Frédéric Valletoux, Président de la Fédération hospitalière de France, lors du salon Santexpo 2022. Des difficultés à recruter, un taux d’absentéisme très élevé, des fermetures de lits incompréhensibles sont autant d’arguments factuels qui ont été présentés voire même décriés. Toutefois, c’est également et surtout l’implosion criante des services d’urgence qui inquiète.


Coincée entre le marteau de la raréfaction des médecins généralistes et l’enclume de l’augmentation des passages aux urgences, la permanence des soins se trouve fragilisée et dévitalisée. Invité fortement et publiquement par M. Valletoux à prendre des décisions efficaces, votre ministère doit aujourd’hui apporter des réponses rapides aux souffrances de nos hospitaliers.


Urgence de santé publique, nos services d’urgence doivent justement faire l’objet de toutes les attentions. Maillons essentiels dans l’accès aux soins, il est ainsi de notre devoir de les préserver de cette implosion. Ne doutant guère de votre volonté sincère à apporter toutes les clarifications nécessaires à cette situation, le rétablissement d’une obligation de garde pour tous les acteurs de soins serait, à titre illustratif, un premier pas vers l’apaisement des tensions. Il apparait en effet, peut-être encore plus depuis cette pandémie, injuste et dangereux de ne pas mobiliser l’ensemble des professionnels de santé - comme les médecins libéraux - et ce afin d’assurer une permanence de soins indispensable à la population française. Les divers échanges que j’ai pu avoir avec les professionnels de santé présents sur mon territoire m’obligent à vous alerter sur les difficultés véritablement mortifères que l’immobilisme politique pourrait engendrer.


Madame la ministre, la situation est grave et notre système de santé ne peut perdurer de la sorte. L’obligation de garde ou encore de service minimum pour tous sont autant de propositions que ces professionnels ne cessent de demander. J’espère qu’ils seront cette fois entendus par ce nouveau gouvernement, particulièrement par votre ministère.


Veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma très haute considération. ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP