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[TRIBUNE] - Les femmes afghanes à l'épreuve de l'obscurantisme islamiste


Elue de la République française mais avant tout femme, je veux dénoncer publiquement la situation des femmes afghanes. La prise de pouvoir par les talibans, le 15 août dernier, est signe d’échec pour l’Occident et synonyme de grands dangers pour la population locale. Soumise à une dictature fondée par des hommes qui ne sont ni plus ni moins que des islamistes radicaux, elle s’inscrit avant tout en totale opposition avec tout ce qui fonde l’humanité.


L’Afghanistan concentre ainsi des enjeux géopolitiques non négligeables et cristallise aujourd’hui toutes les peurs. En effet, les talibans n’ont de cesse de rappeler l’ignominie dont certains Hommes sont capables à l’encontre d’autrui. N’envisageant de diriger un pays que selon les principes de la Charia, ils font pourtant face à des femmes qui résistent et ne se résignent pas. Elles les défient, parfois même au péril de leur vie, et luttent pour bénéficier des avancées sociales, sociétales, dont nos démocraties se prévalent être les défenderesses.


230 ans, presque jour pour jour, après qu’Olympe de Gouges ait rédigé la Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne, les talibans piétinent les libertés fondamentales des femmes afghanes qui sont les premières victimes de leur prise de pouvoir. La France, pays des Lumières et des Droits de l’Homme, se doit de faire entendre sa voix. Refusant la lâcheté du silence, notre devoir est de leur venir en aide.


La parution, dimanche soir, d’un décret visant à introduire des règles abjectes à l’encontre des étudiantes afghanes ne peut que confirmer les craintes exprimées ces dernières semaines. Reléguées dans des salles d’attente pour ne pas croiser leurs camarades masculins, obligées de se vêtir d’une abaya et d’un niqab – c’est-à-dire d’être pleinement cachées – et ne pouvant recevoir l’enseignement que d’une femme ou d’un homme très âgé dont la moralité sera durement appréciée. Voilà le quotidien de ces jeunes femmes. Et si aucune prescription religieuse ne proclame de faire vivre l’enfer sur terre, il semble que les talibans en aient décidé autrement. Plus que le paradoxe de constater que ces individus bafouent la morale humaine, ils se pensent en capacité d’apprécier celles des autres. Ainsi, il est urgent d’agir plus que de réagir.


Les réactions médiatiques ne suffisent plus, elles provoquent frustration et colère chez nos concitoyens qui assistent impuissants aux horreurs commises à l’encontre du peuple afghan. Loin de prioriser les souffrances, il semble que la situation des femmes afghanes nécessite un soutien massif, concret, solide et solidaire de la part de notre pays et de tous ceux de l’Union européenne.


Face à ce drame, la communauté internationale doit, sans tarder, prendre position en défaveur d’un régime aux pratiques nauséabondes. La France, elle, continuera à être le premier adversaire à ces ennemis de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.


En ce sens, j’ai écrit au Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, pour l’alerter à nouveau sur la situation tragique des femmes afghanes, notamment des étudiantes. Par ce courrier, je souhaite que le ministre exprime clairement la position de la France sur cet enjeu mais aussi et surtout qu’il présente les moyens d’action mobilisés pour y apporter une réponse.


Notre pays rayonne parce qu’auparavant nous avons su lutter pour des causes justes, inscrire dans le marbre des principes protecteurs et souvent conjuguer le verbe à la parole. Ne laissons pas les femmes afghanes aux mains de ces barbares sans ne rien faire, sans ne rien dire. ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP

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