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#28 Courrier - Reconnaissance du statut d’utilité publique pour l’Association Adrien

Monsieur le Premier ministre,


Il s’appelait Adrien. Atteint d’une maladie orpheline incurable, ce petit garçon a cessé d’ensoleiller le quotidien de ses parents et de ses proches en 2003. Anéanti, il faudra plus de deux ans à Monsieur René Molines pour relever la tête et faire de sa douleur une force. Cette force, c’est son engagement en faveur des enfants malades. C’est cette association qu’il a fondée en 2005.


Il s’appelait Adrien mais il aurait pu s’appeler Flavien ou encore Paloma. Décidant de faire de son fils décédé tout un symbole, Monsieur Molines a fait naître de ce drame l’Association Adrien dans l’espoir d’apporter son soutien à tous ces enfants souffrant de maladies incurables. En France, chaque année, ce sont plus de 2 500 enfants et adolescents qui sont diagnostiqués d’un cancer dont 500 en meurent. Mais plus alertant encore, depuis trente ans, en Europe, le nombre de cancers des enfants augmente de 1 à 2% tous les ans.


Monsieur le Premier Ministre, face à ces chiffres, une nécessité d’agir s’impose aux pouvoirs publics, et je dirais même plus, s’impose à chacun de nous. Monsieur Molines l’a compris en créant son association. Entouré de plus de cinquante bénévoles, cet homme s’évertue jour et nuit à venir en aide aux enfants mais aussi à leurs parents. Il le sait, être parent d’un enfant malade c’est à la fois un chemin de croix et un défi quotidien. Être ce genre de parents, c’est souffrir de l’éloignement avec son enfant pendant son hospitalisation ; c’est faire face à des ruptures scolaires longues et un isolement social ; mais c’est aussi la perte d’emploi et des difficultés financières. Face à cette cascade d’obstacles, l’Association Adrien offre soutien et accompagnement.


Heureuse marraine de l’association, j’ai pu à de nombreuses reprises constater les bienfaits des actions menées par Monsieur Molines et son équipe. Animations à l’hôpital, organisation de sorties et de voyages, remise de cadeaux de Noël aux enfants mais également programme d’écoute et d’aide ne sont que quelques exemples du panel des missions proposées tout au long de l’année.


Conscient que tant reste à faire afin d’apporter un peu de bien-être à ces familles, Monsieur Molines a décidé en septembre 2020 de voir plus grand en se lançant dans la construction d’un centre de vacances que les bénévoles appellent la Maison d’Adrien ou « La Maison des super-héros et des princesses ». Implantée dans la commune de Pégomas dans mon département des Alpes-Maritimes, cette structure de 1 061 mètres carrés, - construite sur un terrain de 5 797 mètres carrés dont l’association est propriétaire -, accueillera en hébergement et en accueil de jour, et ce toute l’année, des enfants malades avec leurs familles. Par ailleurs, Monsieur Molines a souhaité que la Maison d’Adrien soit ouverte à l’aide sociale à l’enfance et ce dès son inauguration.


Afin de vous permettre, Monsieur le Premier ministre, de visualiser ce magnifique projet, cette infrastructure comportera pas moins de dix chambres, une salle de jeux, une salle de déguisements, un réfectoire, un cabinet médical ou encore une vaste salle de réception. Le tout assorti d’une décoration où les couleurs vives et les fresques auront une place de choix pour attirer l’œil des enfants et les stimuler.


L’objectif poursuivi est bien de redonner le moral à petits et grands en leur permettant d’oublier leur quotidien par le biais d’animations, d’activités multiples et de temps d’échanges.


Monsieur le Premier Ministre, garder courage, espoir et optimiste font parties des clés nécessaires dans le combat contre la maladie. L’Association Adrien et, bientôt je l’espère, la Maison d’Adrien poursuivent ce but et tentent d’insuffler à ces familles une attitude positive.


C’est fort de ce constat que je vous écris ce jour dans l’espoir que l’Etat accorde à cette association son statut d’utilité publique. Face à un tel combat, il serait regrettable que le Gouvernement ne soit pas au rendez-vous.


Comptant sur votre soutien, je vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’assurance de ma haute considération.

ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP