• aborchio-fontimp

#53 Courrier - Situation des étudiants sans master

Madame la Ministre,


Le sort réservé à nos étudiants qui n’ont toujours pas intégré de master ni même reçu de proposition de leur rectorat me préoccupe grandement. Intervenue à diverses reprises sur le sujet notamment via une question au gouvernement ou encore un courrier, tous les deux adressés à votre prédécesseur, j’ai pu vous alerter directement sur cet enjeu lors de votre première audition au Sénat.


Pour l’heure, ils sont toujours des milliers à attendre.


Quelques-uns espèrent encore tandis que la plupart commence à décourager de trouver une porte de sortie. Pour preuve, je reçois chaque jour des courriels d’étudiants, de leurs parents mais aussi de professeurs qui - plus qu’inquiets – se retrouvent face à une situation inexplicable ou bien qu’ils ne peuvent décemment expliquer.


Nous gâchons les talents de demain et donnons à notre jeunesse une piètre image de la considération qui devrait pourtant lui être portée. Elle est notre avenir et lui retirer ses rêves revient à retirer à la nation ce qui la fonde.


Il est de notre devoir d’offrir à nos étudiants la possibilité de s’accomplir personnellement grâce à la poursuite de leurs études dans un master. Sauf si le niveau requis n’est pas atteint, rien ne justifie que les portes leur soient refermées aussi brutalement, encore moins lorsqu’il s’agit de raisons purement budgétaires. Les priver de cette chance, désormais de ce droit, n’est pas juste et dans la majeure partie des cas véritablement inconcevable.


J’ai pu voir que vous prêtiez la plus grande attention à mon intervention et constater votre sincère volonté de résoudre le problème. Toutefois et malgré vos annonces de revenir vers le Sénat dans les plus brefs délais afin de rendre compte de la situation, nous n’avons aujourd’hui encore aucun chiffre arrêté et confirmé par vos services, ni plus d’informations d’ailleurs.


L’immobilisme ne signifie pas l’indifférence, c’est certain. Pour autant, l’absence d’issue constitue pour beaucoup une marque de mépris de la part de votre ministère. Après avoir sacrifié leurs plus belles années pour obtenir leur licence, il leur est fait injonction de se taire et d’accepter cette fatalité de ne pas pouvoir prétendre à plus, à mieux.


Je ne me résous pas à leur dire de ne rien faire.


C’est pourquoi c’est à vous, Madame la Ministre, que je demande d’agir rapidement et ce afin que leur désillusion ne dérive pas en dépression, mal dont notre société serait inévitablement la première victime dans les années à venir.


Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.


ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP