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#52 Question écrite - Sur la consommation exponentielle de drogues de synthèse par les plus jeunes

Dernière mise à jour : 14 déc. 2023

Madame Alexandra Borchio Fontimp interpelle Monsieur le Ministre de la Santé et de la Prévention quant à l’inquiétante consommation de drogues de synthèse, comme le Buddha Blue, chez un public de plus en plus jeune.


Buddha Blue, Blue, Spice, Legal Eye, PTC, K2... sont les différents noms donnés à la dernière drogue « à la mode » chez nos plus jeunes. Selon une étude publiée par l’Observatoire Français des drogues et des tendances addictives, en 2018, près de 4 % des mineurs de moins de 17 ans l'auraient expérimentée au moins une fois. Drogue de synthèse produite en Chine et en Inde, elle n’est pas issue d’une plante et ne contient pas de Tétrahydrocannabinol (THC) mais des molécules qui en imitent les effets. Cette substance qui se présente sous forme liquide, se consomme notamment à l’aide de cigarettes électroniques. Procurant une sensation d'euphorie, de joie, d'excitation et de désinhibition, elle peut aussi déboucher sur un drame. Faut-il rappeler les effets secondaires graves qui peuvent surgir, tels que des paralysies ou encore des hallucinations ?

À titre illustratif, 13 % des adolescents âgés de 13 à 16 ans l’ont déjà utilisée, soit la même proportion de jeunes ayant déjà fumé une cigarette classique ou électronique.


Bien que reconnu illicite depuis 2017, le Buddha Blue reste néanmoins très facilement accessible. En outre, cette drogue est inodore, ce qui la rend difficilement détectable par les forces de l’ordre ou les brigades canines. Ainsi, c’est parce qu’elle ne contient pas de THC dans les cannabinoïdes de synthèse, qu’elle n’est pas repérable par les tests traditionnellement. Qui plus est, nos plus jeunes n’ont qu’à se rendre sur Internet pour l’acheter surtout, qu’elle ne coûte que la modique somme d’une dizaine d’euros.


Selon l'Association Nationale de Prévention en alcoologie et addictologie, ce sont d’ores et déjà deux cas d'overdose mortelle qui ont été recensés en Europe. Sans qu’il n’y ait nul besoin d’arriver à de tels drames, les conséquences n’en demeurent pas moins désastreuses. Que ce soient une crise d’angoisse, d’anxiété ou encore des psychoses, le panel de difficultés émotionnelles auxquelles les plus jeunes consommateurs sont ou seront confrontés doit nous inquiéter, voire alerter. Le Gouvernement doit se saisir de ce sujet dès à présent.


Alors que le secteur médical, singulièrement celui de la psychiatrie, semble être mobilisé pour lutter en première ligne contre ce fléau, le manque pérenne de moyens humains et budgétaires apparaît être un obstacle qui n’est plus tolérable. Loin de s’amenuir, ce recours à des drogues de plus en plus attractives et accessibles doit être désormais jugulé avant qu’il ne soit trop tard.


Par conséquent, elle souhaite que le Gouvernement fasse preuve de plus de transparence en publiant une évaluation des actions de prévention d’ores et déjà mises en place afin d’en mesurer la véritable efficacité, protégeant ainsi notre jeunesse.

ALEXANDRA BORCHIO FONTIMP


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Réponse du ministre de la santé et de la prévention Le Gouvernement est engagé pour lutter contre l'émergence des nouveaux produits de synthèse (NPS), dont les effets sur les consommateurs sont particulièrement délétères, voire mortels, ce d'autant que ces produits sont parfois utilisés pour adultérer d'autres drogues. Les NPS sont des substances psychoactives produites de façon chimique, nouvellement arrivées sur le marché et non contrôlées au niveau international, du fait d'un taux élevé dans le roulement de leur production. Leur composition est extrêmement variable, entraînant des effets somatiques, psychiatriques et cognitifs divers. Chaque année en Europe, il est estimé que 400 nouveaux produits de synthèse sont détectés dont 40 signalés pour la première fois. En France, les molécules recensées sont principalement des cathinones (stimulants), des cannabinoïdes de synthèse, des opioïdes de synthèse et des phénéthylamines (hallucinogènes). Afin de limiter la diffusion des nouveaux produits de synthèse et réduire les risques liés à leur consommation, le Gouvernement oeuvre à la constitution d'un réseau de veille et d'alerte à même de suivre la circulation de ces NPS, en lien avec l'Union européenne et ainsi adapter le cadre juridique et réglementaire pour ces produits. Portée par la stratégie interministérielle de mobilisation contre les conduites addictives, la politique de santé publique menée par le Gouvernement à l'égard des substances psychoactives, incluant les NPS, s'inscrit dans un continuum : prévention de la première consommation, repérage de l'usager en difficulté, accompagnement et prise en charge médico-psycho-sociale, enfin réduction des risques et des dommages lorsque l'usager ne peut ou ne souhaite pas arrêter ses consommations, l'objectif étant alors de proposer un accompagnement et des outils pour réduire les risques sanitaires et sociaux liés aux consommations. Les autorités sanitaires s'attachent à améliorer l'accessibilité des soins, l'accès aux structures médico-sociales et sanitaires et à adapter la politique de réduction des risques et des dommages à l'évolution des pratiques d'usages. Pour mettre en oeuvre cette politique de prévention, l'Etat a mis en place le fonds de lutte contre les addictions, doté de près de 120 millions d'euros par an, qui finance des actions de lutte contre les addictions et notamment la sensibilisation des jeunes publics aux dangers des nouvelles drogues de synthèse.

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